La migration que j'ai faite le plus souvent cette année : un site WordPress + base MySQL + email qui traîne sur une instance AWS t3.medium, facturée 430 € par mois avec RDS, S3, CloudFront et une bande passante qui grimpe. Pour quinze visites quotidiennes. La "boîte de croissance" payée comme une startup. Sur ce type de dossier, la migration vers un hébergeur français n'est pas une option, c'est une évidence financière.
Pourquoi quitter AWS
Pas pour l'idéologie, pour l'arithmétique :
La facture est imprévisible. Entre les API calls, le stockage S3 et surtout l'egress (bande passante sortante), les montants bougent chaque mois. Un site qui a une petite virgule dans un communiqué de presse peut doubler sa facture.
Vous payez une complexité que vous n'utilisez pas. La plupart des PME ont besoin d'un serveur, d'une base, d'un site qui tient debout. Chaque service AWS supplémentaire rajoute un coût, une documentation, et un besoin de compétences.
Le Cloud Act. Vos données sont chez un fournisseur américain, sous juridiction américaine. C'est le facteur décisif si vous manipulez des données clients sensibles.
Le support est payant. 12 % du montant annuel, ce qui pour une facture de 5 000 € représente 600 € pour avoir le droit de parler à un technicien. Un hébergeur français vous inclut le support dans le prix.
Étape 1 : l'audit
Inventaire complet :
- EC2 : instances, tailles, volumes (Ils sont si simples à oublier de facturer en continue)
- RDS : bases de données actives et plates
- S3 : les buckets de fichiers, à trier car beaucoup stockent des choses inutiles
- Route53 : zones DNS
- CloudFront : distribution CDN
Ce passage est le plus rentable. Dans la moitié des dossiers, on découvre une instance qui tourne encore pour rien, un snapshot qui coûte 80 € par mois, ou une zone de staging inactive. On les coupe avant même de migrer. Et ça, c'est de l'argent récupéré immédiatement.
Étape 2 : choisir le bon hébergeur
Un VPS managé suffit pour une PME standard. Je conseille de partir sur un hébergeur avec un socle linux et un support réactif : OVHcloud, Scaleway, ou un prestataire d'infogérance qui fait le travail à votre place (comme WebSentinel, depuis Lille).
Parmi les critères à valider, il y en a un qui fait la différence plus que le prix : la qualité du support. Vous aurez besoin d'aide à 23 h un dimanche, plus de fois qu'on ne le croit.
Étape 3 : copier en parallèle
La méthode sans coupure :
# Fichiers
rsync -avz /var/www/site/ user@nouvel-hebergeur:/var/www/site/
# Base
mysqldump -u user -p nom_base | ssh user@nouvel-hébergeur "mysql -u user -p nom_base"
On applique ensuite le fichier docker-compose ou la config correspondante sur le nouveau serveur.
Étape 4 : les 5 minutes qui changent tout — le switch DNS
Baissez le TTL de votre zone à 300 secondes, 24 heures avant. Utilisez Route53 pour un contrôle accru.
Le jour J : basculez l'A record vers la nouvelle IP, vérifiez le site, les emails, le certificat SSL. En cas de problème, remettez l'ancienne IP. Les 5 minutes pour revenir en arrière, c'est le filet qui rend la migration sereine.
Étape 5 : durcissez votre nouveau serveur
Configurez UFW, les sauvegardes automatiques, un monitoring (un petit VPS avec Uptime Robot suffit). Vérifiez la restauration de votre sauvegarde, puis supprimez en douceur l'ancien environnement AWS. C'est souvent le meilleur moment pour vérifier qu'il n'y a pas de service zombie à couper.
Le retour terrain
Sur les douze migrations AWS effectuées l'an dernier, la facture mensuelle moyenne est passée de 420 € à 60 €, et les dates de bascule ont été respectées à chaque fois. Aucune coupure de plus de 2 minutes (le temps d'une propagation DNS, souvent plus courte).
Si votre dossier ressemble à ça, notre page Cloud Souverain détaille l'accompagnement complet, depuis l'audit jusqu'à la supervision, en passant par la bascule.

