Migrer WordPress d’un hébergeur vers un autre est l’une des opérations les plus risquées de la vie d’un site. Sur le papier, ça ressemble à un simple transfert de fichiers et de base de données. En pratique, un site sur deux rencontre au moins un problème sérieux dans les 48 heures qui suivent. Voici tout ce qu’il faut anticiper.
Pourquoi la migration WordPress est risquée
WordPress stocke des informations liées à son environnement d’hébergement dans plusieurs endroits : la base de données, les fichiers de configuration, et parfois même dans les fichiers de thème ou de plugins. Quand vous changez d’hébergeur, l’environnement change — les chemins de fichiers, les paramètres PHP, la version de MySQL, les règles .htaccess — et WordPress peut se retrouver désynchronisé avec sa propre configuration.
Les URLs en dur dans la base de données
C’est la cause numéro un des images cassées et des liens brisés après migration. WordPress sérialise certaines données en base de données avec l’URL complète du site à l’intérieur. Si votre ancien hébergeur utilisait http:// et que le nouveau force https://, ou si l’URL de développement était différente, toutes ces références deviennent invalides.
L’outil Search & Replace de WP-CLI ou le plugin Better Search Replace permettent de corriger ça proprement, en tenant compte de la sérialisation PHP.
Les chemins absolus dans la configuration
Certains plugins (notamment les plugins de cache, de sauvegarde, ou de sécurité) écrivent des chemins absolus dans leurs fichiers de configuration. Un chemin comme /home/user1234/public_html/wp-content/uploads/ devient invalide chez un nouvel hébergeur où le chemin ressemble à /var/www/html/.
Les emails SMTP
Presque tous les hébergeurs bloquent le port 25 par défaut et les emails WordPress envoyés via wp_mail() sans plugin SMTP passent rarement. Si vous aviez configuré un plugin SMTP sur l’ancien hébergeur (Brevo, SendGrid, Gmail SMTP), cette configuration est dans la base de données — mais les credentials sont souvent stockés de manière chiffrée ou liés à l’environnement. Résultat : vos emails de contact, de commande WooCommerce ou de réinitialisation de mot de passe ne partent plus.
Les erreurs les plus courantes après migration
La page blanche (White Screen of Death) : souvent causée par une version PHP incompatible sur le nouvel hébergeur, ou un plugin qui plante parce qu’il ne trouve plus ses fichiers. Activez le debug WordPress (WP_DEBUG = true dans wp-config.php) pour identifier la cause exacte.
La boucle de redirection : WordPress essaie de rediriger vers https:// mais le certificat SSL n’est pas encore actif, ou les options siteurl et home dans la base de données ne correspondent pas à l’URL réelle. Corrigez-les directement en base de données ou via WP-CLI.
Les images cassées : URL en dur non mises à jour, ou le dossier uploads n’a pas été transféré complètement. Vérifiez les permissions du dossier (755 pour les dossiers, 644 pour les fichiers).
Le certificat SSL non reconnu : les DNS pointent encore vers l’ancien hébergeur, ou le SSL n’est pas activé sur le nouveau. Les navigateurs refuseront l’accès tant que le certificat n’est pas valide.
Checklist complète après migration WordPress
Voici la liste des vérifications à faire systématiquement après avoir transféré votre site.
1. Base de données et URLs
- Lancer un Search & Replace pour remplacer l’ancienne URL par la nouvelle (gérer
httpvshttps) - Vérifier que
siteurlethomedans la tablewp_optionssont corrects - Tester chaque page principale du site (accueil, contact, mentions légales, pages services)
2. Emails
- Envoyer un email de test depuis le formulaire de contact
- Vérifier que les emails WordPress (réinitialisation de mot de passe) fonctionnent
- Reconfigurer le plugin SMTP avec les nouveaux paramètres si nécessaire
- Si WooCommerce : passer une commande test et vérifier les emails de confirmation
3. SSL et HTTPS
- Vérifier que le certificat SSL est actif et valide (cadenas vert dans le navigateur)
- Forcer HTTPS dans les paramètres WordPress ET dans le
.htaccess - Tester que
http://redirige bien vershttps://sans boucle
4. DNS
- Vérifier la propagation DNS (outil : whatsmydns.net)
- Conserver l’ancien hébergeur actif pendant 48-72h (pendant la propagation DNS)
- Mettre à jour les enregistrements MX si les emails sont gérés chez l’hébergeur
5. Fichiers et médias
- Vérifier que le dossier
uploadsest complet - Tester l’affichage des images sur plusieurs pages
- Vérifier les permissions des dossiers
6. Fonctionnalités
- Tester tous les formulaires du site
- Vérifier les plugins actifs (cache, sécurité, SEO)
- Vider le cache (plugin de cache + cache navigateur)
- Tester la vitesse de chargement
7. Sauvegardes
- Configurer la sauvegarde automatique sur le nouvel hébergeur
- Faire une première sauvegarde manuelle du site migré et fonctionnel
- Vérifier que vous pouvez restaurer depuis la sauvegarde
Combien de temps ça prend ?
Une migration WordPress propre, avec vérifications complètes, prend entre 3 et 6 heures pour un site vitrine classique. Pour un site WooCommerce avec historique de commandes, comptez une journée complète.
La propagation DNS prend jusqu’à 48 heures selon les registrars. Pendant cette période, certains visiteurs voient l’ancien site, d’autres le nouveau — il est donc impératif de ne rien modifier pendant cette fenêtre et de garder les deux hébergeurs actifs.
Faire appel à un professionnel
Si votre site est un outil de travail (prise de commande, contact client, réservation), une migration ratée peut vous coûter des clients. Notre service de maintenance WordPress inclut la supervision des migrations et la correction des problèmes post-migration. Pour les urgences — site blanc, boucle de redirection, emails cassés — notre service de dépannage WordPress intervient rapidement pour rétablir votre site.
Une migration bien préparée, c’est une migration sans surprise. Prenez le temps de la checklist.