Pour sauvegarder WordPress à la main, il faut deux copies : les fichiers du site (par FTP/SFTP, en n'oubliant pas wp-config.php) et la base de données (export SQL depuis phpMyAdmin ou avec mysqldump). L'une sans l'autre ne permet pas de restaurer le site. Stockez ensuite ces copies ailleurs que sur votre serveur, et testez une restauration de temps en temps.
Beaucoup de sites comptent uniquement sur l'hébergeur ou sur une extension de sauvegarde. Or une sauvegarde automatique peut échouer sans prévenir, et l'hébergeur ne garde pas toujours l'historique qu'on imagine. Savoir le faire à la main, c'est avoir une copie dont vous connaissez le contenu et l'emplacement.
Ce qu'il faut sauvegarder
Un site WordPress repose sur deux éléments distincts :
- Les fichiers : le cœur de WordPress, le thème, les extensions, les médias envoyés et le fichier
wp-config.php. - La base de données : les articles, les pages, les réglages, les utilisateurs et les commentaires.
Il faut les deux : des fichiers sans base de données donnent un site vide, et une base sans fichiers ne s'affiche pas.
Sauvegarder les fichiers par FTP ou SFTP
Étape 1 : se connecter au serveur
Utilisez FileZilla, Cyberduck ou la ligne de commande. Les identifiants FTP ou SFTP se trouvent dans l'espace client de votre hébergeur. Si les deux sont proposés, prenez SFTP : FTP envoie vos identifiants en clair, SFTP chiffre la connexion.
Étape 2 : télécharger le dossier complet
Le dossier de WordPress s'appelle le plus souvent public_html/, www/ ou html/. Téléchargez-le en entier sur votre ordinateur : comptez de 5 à 30 minutes pour un site de taille moyenne, selon votre connexion.
Vérifiez que wp-config.php fait bien partie du téléchargement. Il contient les identifiants de connexion à la base de données : sans lui, vous ne pourrez pas reconnecter WordPress à sa base, même avec tout le reste.
Étape 3 : vérifier que rien ne manque
Comparez le nombre de fichiers sur le serveur et sur votre ordinateur. FileZilla liste les transferts échoués dans un onglet dédié : relancez-les avant de considérer la sauvegarde comme terminée.
Sauvegarder la base de données avec phpMyAdmin
Étape 1 : ouvrir phpMyAdmin
L'accès se trouve dans l'interface de votre hébergeur (cPanel, Plesk, espace client OVH…).
Étape 2 : choisir la bonne base
Dans la colonne de gauche, cliquez sur la base de données de WordPress. Si vous hésitez, ouvrez wp-config.php et cherchez la ligne define('DB_NAME', 'nom_de_votre_base');.
Étape 3 : exporter en SQL
- Cliquez sur l'onglet Exporter.
- Choisissez la méthode Personnalisée.
- Vérifiez que toutes les tables sont sélectionnées.
- Format : SQL.
- Cochez Ajouter DROP TABLE, pour remplacer les tables existantes lors d'une restauration.
- Cochez Ajouter des instructions AUTO_INCREMENT.
- Cliquez sur Exécuter.
Vous obtenez un fichier .sql qui contient toute la base. Sur une grosse base (une boutique avec des années de commandes, par exemple), phpMyAdmin peut s'interrompre en cours de route : passez alors par la ligne de commande.
Sauvegarder en ligne de commande (accès SSH)
Avec un accès SSH, la sauvegarde est plus rapide et plus fiable.
Les fichiers
tar -czf ~/sauvegarde-fichiers-$(date +%Y%m%d).tar.gz -C /chemin/vers/wordpress .
L'archive est créée dans votre dossier personnel, en dehors du dossier sauvegardé : si vous l'écrivez dans le dossier de WordPress, elle essaie de s'archiver elle-même.
La base de données
mysqldump -h serveur_bdd -u utilisateur -p --single-transaction nom_base > ~/sauvegarde-bdd-$(date +%Y%m%d).sql
Le serveur, l'utilisateur et le nom de la base sont dans wp-config.php (lignes DB_HOST, DB_USER et DB_NAME) ; le mot de passe vous est demandé au lancement. Chez beaucoup d'hébergeurs mutualisés, DB_HOST n'est pas localhost : sans l'option -h, la commande échoue. L'option --single-transaction donne une copie cohérente des tables InnoDB sans bloquer le site.
Si WP-CLI est installé, wp db export fait la même chose en lisant directement les identifiants de wp-config.php.
Où stocker vos sauvegardes
Jamais uniquement sur le serveur du site. Une panne du serveur, la faillite de l'hébergeur ou un rançongiciel qui chiffre les fichiers emporteraient la sauvegarde avec le reste.
- un disque dur externe réservé à cet usage ;
- un stockage en ligne chiffré (Nextcloud, pCloud) ;
- un stockage objet (Amazon S3, Scaleway Object Storage).
À quelle fréquence ? Une fois par mois pour un site vitrine peu modifié, une fois par semaine pour un blog actif, et au moins une fois par jour pour une boutique en ligne.
Restaurer le site en cas de panne
La restauration suit le chemin inverse :
- Supprimez les fichiers WordPress corrompus sur le serveur.
- Renvoyez les fichiers sauvegardés par FTP ou SFTP.
- Créez une base de données vide (ou videz l'ancienne).
- Importez le fichier SQL depuis l'onglet Importer de phpMyAdmin, ou avec
mysql -h serveur_bdd -u utilisateur -p nom_base < sauvegarde.sql. - Vérifiez
wp-config.php: les identifiants doivent correspondre à la base que vous venez de remplir.
Si l'hébergeur a changé l'adresse du serveur de base de données, mettez à jour la ligne define('DB_HOST', '…'); dans wp-config.php.
Faites ce test de restauration une fois par trimestre au moins, sur un site de test ou un sous-domaine : c'est le seul moyen de savoir que vos sauvegardes fonctionnent.
Si vous ne voulez pas y penser
La sauvegarde manuelle prend du temps, et il suffit d'un oubli au mauvais moment. La maintenance WordPress de WebSentinel s'en charge dès la formule Essentiel (29 € HT/mois, sans engagement) : sauvegarde quotidienne externalisée, hors de votre serveur, et un rapport mensuel qui confirme qu'elles se sont bien déroulées. Avec la formule Sérénité (79 € HT/mois), j'héberge aussi votre site sur un serveur premium en France.

